CONTEXTE ENVIRONNEMENTAL

  1. Topographie /hydrographie
  • Un territoire singulier

Premier contrefort septentrional du Massif Central, la Combraille est un balcon
orienté vers le Nord. Le climat y est plus rude que dans le bocage bourbonnais.
L'influence auvergnate s'y révèle dans beaucoup de domaines.
Lors des périodes glaciaires, ce plateau a connu de rudes conditions climatiques qui
expliquent l'absence de traces du paléolithique inférieur et moyen. On a retrouvé
les traces de quelques tribus de chasseurs sur sa bordure Nord (Durdat-Larequille)
datant du paléolithique supérieur.
Le relief est vallonné, à peine plus marqué que dans le bocage bourbonnais,
quelques vallées prennent la forme de vallées profondes et encaissées. Ici se
posent les mêmes problèmes de délimitation des aires culturelles. Le paysage
bocager est cependant présent à peu prés partout. La concentration des terres
entre les mains des grands propriétaires est nettement moins marquée que dans le
bocage et le faire valoir direct est le mode de tenure prédominante.
La limite séparant l'Auvergne du Bourbonnais traverse le canton de Marcillat en
Combrailles. Cette limite est nettement marquée prés de Montendreau par une
borne grossièrement taillée de 1,10m de haut. Présentant sur sa face sud les
armes du Seigneur des Ternes, possesseur du fief auvergnat limitrophe. l'Auvergne
est représentée par un écu parti à l'étoile à huit rais. Sur sa face nord le blason du
Bourbonnais est représenté par les trois fleurs de lis des Bourbons .

Borne de Montendreau: Face
nord blason bourbonnais

Face Sud: L'auvergne représenté
par un écu parti à l'étoile à huit rais

  1. Géologie/ pédologie
  • Granit et fi lons houillers

Le terrain est essentiellement constitué de roches cristalophyliennes (granit), gneiss
ou micaschistes, parcourues de quelques filons de quartz et sont parfois parsemées
de gros blocs granitiques arrondis fréquemment groupés en amas.
La nature des sols est très variable, opposants sols acides sur granit, s'engorge
ant facilement et donnant des fonds mouilleux, aux sols sur placages sableux, plus
perméablles et ayant une tendance à la sécheresse. La qualité des sols détermine le
type de production. Les productions restent principalement orientées vers l'élevage
avec une forte proportion de surface toujours en herbe.
La nature du sol d'une commune est importante car il existe une relation étroite
entre l'architecture et le sol qui la porte lié à l'utilisation des matériaux locaux dans
l'architecture traditionnelle.

Ferme au Monceau

Muret en pierre de belle qualité dans le hameau de Chancaud

  1. Structure végétale
  • Les prairies bocagères, haies et arbres isolés

Le paysage de La Celle est un paysage homogène constitué d'un relief vallonnée couvert de
prairies cernées d'un réseau de haies devenant langues boisées sur les versants les plus pentues
des vallons. Le maillage bocager apparait plus dense à l'ouest de la commune entre Chancaud
et Chardonneau. Ce bocage est sans doute apparu lors des premiers défrichements et a apporté
une réponse magistrale à la dégradation des terres loessiques et à l'érosion des sols.On a donc
commencé à mettre en place des champs de petite taille, carrés, délimités par des enclos qui sont
installés dans les parties médianes de collines, lé où la terre est la plus riche, afin de la retenir.
Au-delà de son intérêt patrimonial, le bocage est un élément important du réseau écologique
local, Le réseau de haies constitue un maillage, véritable corridor ou couloir de déplacements,
permettant des échanges de faunes et de flores entre les massifs forestiers.Le bocage est
idéalement adapté à la production fourragère et à l'élevage en pâturages. Il demande cependant
un entretien constant. à l'époque contemporaine, le bocage est bouleversé. La haie, les talus
et le réseau hydraulique de fossés et mares associés, trois éléments qui se complètent pour
créer les bocages les plus riches et écologiquement les plus stables sont souvent menacés par
les mêmes causes : les chemins et fossés sont agrandis, mis en culture ou laissés à l'abandon.
Le bocage est vieillissant et les anciennes techniques de régénération ne sont plus utilisées car
trop contraignantes. Le bocage a donc tendance à diminuer en surface et à perdre en densité
et en qualité même s'il souffre cependant beaucoup moins de destruction (il n'y a pas eu de
remembrement sur la commune) que de dégradation.
Les moyens à mettre en oeuvre pour rénover ce bocage représentent des contraintes relativement
lourdes pour des agriculteurs de moins en moins nombreux et avec des superficies d'exploitation
qui augmentent. L'intensification des méthodes d'entretien et l'utilisation anarchique des broyeurs
engendrent l&'appauvrissement des haies, et les fragilisent. En parallèle, on assiste à la disparition
des formes traditionnelles du bocage : haies basses ponctuées d'arbres (chêne ou frêne). La
mécanisation de l'entretien ne permet plus la sélection de recrus au sein des haies et les hautsjets
se raréfient.

  1. L'eau vivante
  • Sources, ruisseaux

Le plateau de Combraille où se trouve La Celle, au relief mamelonné, est parcouru de vallées encaissées affouillées par des ruisseaux alimentées de sources abondantes. C'est un plateau drainé par plusieurs cours d'eau (Ruisseau des Bordes, de La Valette, de Chabassière, des Ganes) de direction sud-nord qui suivent la pente du terrain (650m au sud et 430m au nord).
Près de Laschamps, coule une fontaine intarissable, la font de Saint Patrocle.Pélerins et malades, pendant des siècles ont afflué vers la retraite du saint et en particulier à sa source considérée comme guérisseuse La procession à la fontaine avait lieu le 18 novembre mais fut interdite à partir de 1891. Les fidèles buvaient et emportaient son eau qui les préservait des maladies notamment de la fièvre. Cette manifestation religieuse est en rapport avec la légende de Saint patrocle.Il y eut également des pélerinages à la font Burgnou ( en forme de ruche).
Le ruisseau de Chaux prend sa source au Bois de Balaty (enceinte quadrangulaire de 100m de côté d'époque indéterminée) passe sous la Celle-ancien mediocantum- où il reçoit l'eau de la fontaine Saint Patrocle, puis à Colombier celle d'une autre fontaine dédiée à ce même saint avant de se jetter dans l'Oeil. Le ruisseau de Chaux et ses affluents, les ruisseaux de Lavalette et des Bordes ceinturent le bourg de La Celle.

Carte de Cassini: Le réseau hydrographique est très marqué.

Cadastre napoléonien: Moulin Clément

  • Etangs et mares

Nos ancêtres ne creusaient pas leurs mares au hasard, mais choisissaient des
dépressions où convergeaient naturellement les ruissellements et, surtout, les
nappes superficielles s'écoulant dans les loess - limon d'origine éolienne - audessus
de l'argile. Cela garantissait à la fois leur qualité et leur plus grande
pérennité. Certaines mares ont, en effet, traversé les millénaires pour nous
parvenir parce qu'elles étaient l'objet d'une attention permanente, compte tenu de
leur intérêt vital.
Elles se situaient, ainsi, dans les fermes au carrefour des activités domestiques
et agricoles. Tous les animaux venaient s'y abreuver, les canards ou les oies y
nageaient, les osiers de vanneries y étaient mis à tremper. On y cultivait le scirpe
lacustre ou le jonc des chaisiers pour rempailler les chaises ou fabriquer des
"paillassons" destinés à protéger les bouteilles ou les jeunes arbres fruitiers.
Le forgeron et le maréchal-ferrant établissaient leurs pratiques près d'une mare.
La plupart des fours à pain s'établissaient également près de mares creusées à
la fois pour la construction du bâtiment et de réserves d'eau pour le pétrissage
ou contenir les incendies qui ne manquaient pas de se déclencher quand une
étincelle s'envolait dans la toiture en chaume. Les grandes mares étaient souvent
équipées de lavoirs. Beaucoup étaient aussi des lieux de loisirs, tant en été pour
la pêche, qu'en hiver, pour les glissades. Des mares sont présentes au centre de
presque chaque hameau formant un milieu écologiquement riche et donnant un
caractère et une ambiance forte à l'espace public.

Etang au coeur du hameau de Chardonneau.

Une des deux mares de Chancaud

Mare à la Rodde

Etang de Courtanges

  • La forêt originelle

Originellement, les plateaux étaient couverts de forêts puis au Néolithique, le réchauffement
climatique a permis à l'homme de se sédentariser et de commencer à cultiver mais c'est au
Moyen Age que les campagnes de défrichement eurent lieu à partir des abbayes et des prieurés.
Ces profondes forêts ont d'abord accueillis durant le haut Moyen Age des ermites venus se retirer
du monde. Ils convertissaient au christianisme des populations restées tardivement païennes :
Patrocle fut un exemple des vertus chrétiennes de l'époque (voir p 12). Il existait également des
saint(e)s itinérants comme Georges, Front, Martin ou Radegonde.
A partir du XVIe siècle les bois ont servi de refuge aux faux-sauniers, contrebandiers du sel.
Ils circulaient dans les zones frontalières de Balaty et du Bois Sec. La gabelle, impôt sur le sel,
pesait sur le Bourbonnais alors que l'Auvergne n'y était pratiquement pas soumise. Chaque foyer
était obligé de consommer une certaine quantité de sel, c'était le " sel du devoir " . Tous les
trois mois, chaque habitant était tenu de faire provision de sel et il était interdit de vendre tout
excédent.
La forêt a sans doute été utilisée ultérieurement par les forges de Commentry.
Un important massif forestier Le Bois Sec, subsiste dans la partie méridionale de la commune,
prolongé par la forêt domaniale de Balaty sur la commune d'Ars-les-Favets. Ces bois sont
en grande partie enrésinés ce qui détonne dans ce paysage bocager. Ces plantations
monospécifiques de résineux se remarquent également au nord, prés du hameau du Boeuf. Is
assèchent et acidifient le milieu naturel.
Il n'existe pas de ZNIEFF ni de protection particulière sur la commune hormis celle qu'il pourrait
y avoir sur la forêt domaniale de Balaty gérée par l'ONF.
Les versants les plus pentus des vallons sont recouverts de boisements de feuillus.

  1. Les chemins

Ils existent depuis fort longtemps et étaient l'unique réseau de déplacement
pendant des siècles. Une multitude de chemins creux sillonnent ce territoire. Ce
réseau est un véritable dédale où parfois le chemin se termine dans un champ.
Le bocage contribue à un cadre de vie relativement préservé et paisible où les
paysages variés sont idéals pour les promenades ou randonnées à l'abri du vent
et à l'ombre. Les haies des chemins creux offrent une grande richesse végétal
(fougères, aubépine, cornouillers, saules marsault) et la présence de quelques
beaux arbres (frêne, chêne, saule)
Le sentier de 2h 45 propose une boucle au nord ouest de la commune à partir
du bourg de La Celle en passant par La Garde, Chancaud, Chardonneau. Un
raccourci est proposé par Moulin Clément, Petit Viller et La Rodde.