LA CELLE AU TRAVERS DU TEMPS

  1. Les origines
  • Préhistoire/Antiquité

Avec le réchauffement post-glaciaire, s'établissent des groupements encore prédateurs mais
vivant aussi d'une agriculture et d'un élevage rudimentaires. Plus de 30 stations préhistoriques
de cette époque, dont certaines relativement importantes ont été détectées sur le plateau.
Aux premiers siècles de l'êre, la Combraille bourbonnaise est située aux confins des trois cités
biturige, lemovice et arverne. Elle jouit d'une situation de transition entre deux tribus gauloises
primitives, Bituriges et Arvernes.
Des voies antiques la traversaient (voie romaine de Neris à Montaigut). Il faut cependant attendre
le haut Moyen Age (du Ve au VIIIe siècle) pour que l'on puisse déceler un embryon d'organisation
sociale.

  • De l'ermitage à la paroisse

La naissance et le développement d'une paroisse comme celle de La Celle sont inséparables du
mouvement de christianisation , très important après la période sanglante des grandes invasions
(Attila et les Huns vers 450 aprés JC). La Gaule se stabilise alors sous l'autorité des rois francs,
qui favoriseront l'évangélisation des contrées encore païennes (baptème de Clovis en 496)
Deux éléments sont à retenir :
# Le développement de l'érémitisme, mouvement qui amènent les chrétiens (souvent des prêtres)
déçus par les désordres sociaux à se retirer loin du monde en des endroits isolés pour y mener
une vie de prière, de contemplation et de service aussi.
# C'est dans ce pays imprégné de réminiscences gallo-romaines que viendra se retirer l'ermite
Patrocle, à Mediocantus, que l'on a traduit par " la hauteur du milieu ". C'est là à Laschamps
qu'il mourut en 576 aprés avoir vécu de longues années dans la solitude et la contemplations.
Pélerins et malades, pendant des siècles ont afflué vers la retraite du saint et en particulier à sa
source considérée comme guérisseuse. Quatre sites au moins ont été occupés aux Vie –VIIe
siècles par des ermites dont Saint Patrocle. Son culte doit beaucoup aux nombreux miracles
qu'on lui attribue. Il est à l'origine de la fondation du bourg développé autour d'un oratoire, puis
d'une église primitive. Les deux sanctuaires lui sont dédiés
Célébré dans un oratoire établi au bourg puis dans une chapelle desservie par les moines du
couvent de Colombiers qu'il a fondé, son culte est sans doute à l'origine du bourg.
Le nom de La Celle provient du latin chrétien, cella, que l'on traduit par cellule (de moine) ou
ermitage qui indique la présence d'un ermitage ou d'un petit monastère. Antérieur au VIIe-VIIIe
siècle, il est le signe d'une évangélisation précoce de ces limites.

Né vers 496 dans les environs de Bourges, Patrocle vit à
la cour de Childebert, roi de Paris et semble promis à une
brillante carrière lorsqu'il décide de devenir prêtre, comme
beaucoup d'autres de son temps , et de se faire ermite.
Il se retire dans le " désert " de Néris, puis à La Celle en
576. Il vécut là dans la mortification, construisit à Néris une
chapelle, dédiée à Saint Martin, puis un couvent de jeunes
filles , édifia une abbaye ou monastère à Colombier avant
de se retirer dans les bois de La Celle, où il termina ses
jours.

Saint Roch est également représenté dans
l' église de La Celle (deux statues en terre
cuite polychrome du XVIIIe siècle) : né vers
1295 et mort en prison en 1326 pour cause
d'espionnage. Saint Roch a contracté la
peste lors d'un pélerinage à Rome (il est
le symbole du " romieu " pélerin de retour
de Rome) Il est devenu le symbole de
tous les pélerins quelle que soit leur destination.
Sur l'une des sculptures il a même
hérité des attributs des pélerins de Saint
Jacques de Compostelle (les jacquets :
large chapeau, bourdon, gourde et coquille).
Il est rare que les deux représentations
de Saint Roch le romieu et le jacquet
figurent côte à côte dans une même église.
Le pestiféré s'est retiré dans un ermitage,
un chien du voisinage lui apporte chaque
jour une galette. Il est toujours représenté
en sa compagnie. Très sollicité lors des
épidémies de peste, il la vu ses pouvoirs
s'étendre aux maladies du bétail.

La chapelle primitive de Saint Patrocle fut construite au lieu même où il mourut. Elle fut remplacèe par l'église actuelle classée monument historique, remarquable par sa sobriété et son élan.
L'église Saint-Patrocle actuelle date de la seconde moitié du XIIes.
Ce n'est qu'au XIe et XII siècle que La Celle accède au titre de paroisse. Jusqu'au XIIe s, il n'y eut qu'une chapelle desservie par les moines de Colombier. Au XIIe s la paroisse de La Celle passe aux mains des bénédictins de Souvigny. Cette année, la toiture du clocher en bardeaux de châtaigniers a été refaite à neuf. le chantier a duré neuf mois. Sa dernière restauration datait de 1932.

Croix de mission 1876 L'effort de rechristianisation de la fin du XIXes a conduit à l'érection de nombreuses croix notamment
de grandes croix proches des églises,
commémorant une mission, une prédication
des moines ou de prêtres envoyés
par l'évêché. Celle-ci provient de l'atelier
d'ameublement d'églises I. Jacquet à Lyon.
Haute croix en fonte à éléments rapportés
figurants les symboles christiques et les
instruments de la passion, avec pignons
végétaux rapportés aux embouts de la
croix (2 manquent).
Le socle mentionne le nom du donateur
Gilbert Lafanechère, maire de la commune
de septembre 1870 à février 1874
puis d'octobre 1876 à juin 1891. Celui-ci a
excercé septs mandats.